Interview du magazine Guysen (décembre 2010)
 |
Le Dr. Illouz en
compagnie de Simone Weil
|
|
Guysen: avant de nous exposer vos derniers travaux, voulez-vous pour les lecteurs de Guysen International News nous rappeler la technique de la lipoaspiration ?
Dr Illouz: après une infiltration d’un sérum légèrement hypotonique, on introduit par une petite incision, une canule d’un diamètre de quelques millimètres reliée à un aspirateur, et par des mouvements de va et vient, on finit par aspirer de la graisse liquéfiée. En répétant cette « tunnélisation », on finit par « aplatir » une bosse. Cette tunnélisation a le mérite de respecter les éléments nobles, vaisseaux et nerfs et n’enlever que le tissu graisseux
Guysen: quels sont les résultats, locaux et généraux ?
Dr Illouz: localement, on a « aplati » la bosse et il n’y a pas ou peu de retentissement général tant que la résection graisseuse ne dépasse pas 3 kg**.
Guysen: l’intervention comporte-t-elle des risques ?
Dr Illouz: si l’on respecte ces limites, il n’y a pas plus de risque que celui encouru par une intervention chirurgicale bénigne.

Guysen: à combien estimez-vous le nombre de patients opérés aujourd’hui ?
Dr Illouz: Nous avons les statistiques américaines qui déclarent 1 000 000 de cas par an. Comme ils représentent environ la moitié des interventions mondiales, on peut estimer le nombre de patients opéré du monde entier à 2.000.000 par an.
Guysen: Quelques années après inventer la « liposuccion », vous l'avez étendue à toutes les régions du corps puis vous avez mis au point la réinjection de cette graisse pour rajeunir le visage ou pour combler des creux
Dr Illouz: En effet, ces nouvelles techniques que j'ai créées ont pratiquement révolutionné la chirurgie plastique qui est par définition la chirurgie des formes. On était obligé avant, pour changer une forme, de faire d’énormes opérations qui ne donnaient pas même d’excellents résultats et laissaient en rançon des cicatrices inacceptables sur le plan esthétique et remplaçaient un complexe par un autre. De plus, on ne pouvait pas « affiner» la silhouette dans beaucoup de régions importantes comme les genoux, les chevilles et le corps dans son ensemble.
Maintenant grâce à l’aspiration d’une part qui enlève les surplus et la réinjection qui comble les creux, nous sommes arrivés à une véritable « réajustement » de la silhouette qui devient une véritable « sculpture ». De ce fait, on peut rajeunir un visage en augmentant son volume, surtout remplir des seins trop petits (je pense pour ma part que les prothèses mammaires vont devenir obsolètes), augmenter les fesses ou les mollets, rajeunir les mains …
Guysen : nous avons appris que vous faisiez d’autres travaux qui semblent une révolution.
Dr Illouz : en faisant des études sur la graisse qui, je pense, n’a plus de secret pour moi, je me suis aperçu que cette graisse était une véritable usine chimique secrétant des hormones et que, de plus, elle contenait un pourcentage non négligeable de cellules souches. J'ai pu extraire ces cellules-souches, les mettre en culture. Ces cellules-souches ont des capacités extraordinaires. Par elles-mêmes elles sont déjà capables de faire effet de « booster » et de rajeunir un organe ou un organisme. D'autre part, on peut transformer par manipulation génétique ces cellules-souches en cellules spécialisées comme ces cellules cartilagineuses, cardiaques, nerveuses…
Guysen : et quel est l’intérêt pratique de cette découverte ?
Dr Illouz: un exemple pratique : Une personne dont le nez a été « arraché » par accident ou par une morsure de chien peut être « reconstruit » par la propre graisse de cette personne transformée en cartilage. Un « cœur défaillant » peut être « revitalisé » par la graisse de cette même personne transformée en cellules cardiaques… et on peut répéter ces exemples à l’infini…
Guysen : mais cela risque de révolutionner la médecine
Dr Illouz: cela va probablement révolutionner la médecine du futur. Vous voyez, je fais actuellement un rêve. Dans un proche avenir, on prélèvera sur les personnes encore jeunes quelques millilitres de graisse que l’on conservera dans une « banque de graisse » ou « lipobank ». Si, un jour, cette personne développe une maladie actuellement incurable comme la défaillance cardiaque, un Alzheimer, une dégénérescence rétinienne, une hépatite grave... il suffira de transformer cette graisse en cellules spécialisées de cet organe, l'injecter dans l'organisme avec un facteur de tropisme positif pour ce même organe, pour le régénérer et le « guérir ». De plus, les cellules-souches ayant un pouvoir de « rénovation », je n'exclus pas l'idée d'un rajeunissement concomitant de cet organe
J’ajoute que j’ai créé une fondation qui décerne chaque année un prix récompensant les travaux de recherche sur les propriétés du tissu graisseux. Le dernier prix a été décerné à un Japonais pour son travail sur les cellules-souches du tissu graisseux.
Guysen : Avec les vertus de ces cellules-souches du tissu graisseux, vous parlez d'un vrai miracle
Dr Illouz: c’est le vieux rêve de Faust qui va enfin s’accomplir, mais ce n’est pas un miracle, une avancée importante de la science.
De plus, la chirurgie esthétique va se simplifier : une simple seringue sera bientôt suffisante dans bien des cas, pour aspirer la graisse et ensuite la réinjecter après l’avoir transformée ou non. L'institut Pasteur m'a, d'ailleurs, remis un Prix pour ces travaux
Guysen : et ce serait pour quand ce miracle scientifique ?
Dr Illouz: Dans un proche avenir, entre cinq et dix ans et j'espère le vivre moi-même
Diplômes
/ Cursus - CV / Membership